Financement

Salesforce mène un tour de financement de 166 M$ pour HiBob à une valorisation de plus de 3,2 M$ alors que la stratégie IA s’étend

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HiBob, la société derrière la plateforme de ressources humaines Bob, a levé $166 million dans un nouveau tour de financement mené par Salesforce à une valorisation de plus de $3.2 billion, alors que l’entreprise cherche à transformer son logiciel de gestion de la main‑d’œuvre en une infrastructure pour un lieu de travail de plus en plus alimenté par l’IA.

Salesforce a fourni la majeure partie du capital, Farallon Capital Management ayant également participé à ce qui représente le plus grand tour de financement de l’histoire de HiBob. Ce financement porte le total des capitaux levés par l’entreprise depuis sa création à plus de $700 million.

Cette valorisation constitue également une progression notable par rapport au financement précédent de HiBob. En 2023, Farallon a mené un investissement de $150 million qui a évalué l’entreprise à environ $2.66 billion. La nouvelle valorisation est donc environ 20 % plus élevée, malgré un environnement de financement difficile pour de nombreuses sociétés SaaS traditionnelles.

HiBob n’a pas attribué publiquement de désignation de série à ce nouveau financement.

Salesforce fait un pari stratégique sur les données de la main‑d’œuvre

Cet investissement va au-delà du simple fait d’injecter davantage de capitaux dans une autre société de logiciels d’entreprise.

HiBob positionne Bob comme une couche d’intelligence organisationnelle capable de fournir aux systèmes d’IA des informations sur le fonctionnement réel d’une entreprise. Cela comprend les employés, les compétences, les structures de gestion, les équipes, les autorisations, la rémunération, la performance et les plans de main‑d’œuvre.

À mesure que les agents d’IA commencent à exécuter des tâches plutôt qu’à simplement générer du texte, l’accès à ce type d’information contextuelle devient de plus en plus crucial.

Un modèle d’IA à usage général peut comprendre comment réaliser une évaluation de performance ou créer un plan de main‑d’œuvre, mais il ne sait pas intrinsèquement qui gère tel employé, quelles compétences existent au sein d’une organisation, quelles autorisations s’appliquent ou comment les équipes d’une entreprise sont structurées.

L’argument de HiBob est que l’IA d’entreprise devient nettement plus utile lorsqu’elle est connectée à ce contexte organisationnel fiable.

L’annonce d’investissement de la société décrit cette couche de données comme une infrastructure qui pourrait de plus en plus se situer sous les agents d’IA et les flux de travail automatisés plutôt que d’être confinée à une application RH traditionnelle.

Bob évolue au‑delà d’une plateforme RH traditionnelle

HiBob a commencé comme une alternative moderne aux systèmes de gestion du capital humain hérités, mais Bob s’est progressivement développé au‑delà des simples dossiers d’employés.

La plateforme couvre désormais les fonctions RH de base, la paie, la rémunération, la gestion de la performance, la planification de la main‑d’œuvre, la gestion des compétences et la planification financière.

Cette expansion est particulièrement pertinente pour l’IA car elle crée un jeu de données plus riche à partir duquel les agents peuvent raisonner.

La plateforme IA de HiBob comprend Bob Companion, une interface conversationnelle capable de coordonner des agents spécialisés pour différentes fonctions. Celles‑ci incluent des outils axés sur les évaluations de performance, le développement des employés, l’apprentissage, les compétences, la gestion des talents et l’analyse financière.

Plutôt que de fonctionner uniquement comme un chatbot autonome, l’objectif plus large est que l’IA puise dans les données organisationnelles sous‑jacentes et les autorisations déjà maintenues dans Bob.

HiBob ouvre ses données aux agents IA externes

L’un des aspects les plus techniques de la stratégie IA de HiBob est son support du Model Context Protocol (MCP).

HiBob a développé un serveur MCP qui permet aux systèmes d’IA compatibles de se connecter aux informations de la main‑d’œuvre et aux actions approuvées au sein de Bob.

Cela pourrait permettre à un employé de demander à un assistant IA externe le nombre de jours de congé restants, les structures de reporting organisationnelles ou d’autres informations sur la main‑d’œuvre sans naviguer manuellement dans la plateforme RH. Avec les autorisations appropriées, les agents pourraient également prendre des mesures.

Cette approche reflète un virage plus large vers ce que HiBob appelle un modèle « headless » d’intelligence organisationnelle. Au lieu d’obliger les employés à consulter une application RH chaque fois qu’ils ont besoin d’informations sur la main‑d’œuvre, les données de Bob pourraient de plus en plus apparaître au sein des assistants IA, des systèmes de collaboration et des flux de travail automatisés.

L’intégration croissante entre HiBob et Slack, propriété de Salesforce, constitue un canal de distribution évident pour cette stratégie.

L’IA crée un nouveau problème: gérer les humains et les agents ensemble

Le PDG et co‑fondateur de HiBob, Ronni Zehavi, présente l’opportunité comme étant plus vaste que l’automatisation de l’administration RH.

À mesure que les agents d’IA pénètrent les entreprises, les organisations devront peut‑être repenser la façon dont le travail est réparti entre les personnes et les logiciels.

Dans une interview post‑financement, Zehavi a déclaré que les entreprises doivent de plus en plus déterminer quels travaux doivent être effectués par les employés, quelles tâches doivent être confiées aux agents et quelles compétences les humains doivent posséder lorsque l’IA prend en charge une partie de leur charge de travail précédente.

HiBob développe déjà une technologie visant ce problème. Zehavi a indiqué que l’entreprise travaille sur un système capable de calculer le coût d’un employé, d’un agent IA ou d’un travail réalisé conjointement par les deux.

Cela étend potentiellement la technologie RH dans une catégorie entièrement nouvelle.

La planification traditionnelle de la main‑d’œuvre tourne autour du nombre d’employés, des salaires, des départements et de la productivité des employés. Une entreprise déployant des centaines ou des milliers d’agents logiciels pourrait éventuellement devoir modéliser le travail numérique aux côtés du travail humain, y compris son coût, ses capacités, ses autorisations et sa responsabilité.

Pour une société qui maintient déjà des informations détaillées sur les structures organisationnelles et les employés, cela représente une expansion logique.

HiBob a dépassé les $400 M de ventes

Ce financement intervient également à un stade nettement plus avancé du développement de HiBob que lors de ses précédentes levées de fonds.

Zehavi a déclaré que HiBob génère désormais plus de $400 million de ventes et souhaite porter ce chiffre à $1 billion au cours des prochaines années. Malgré son envergure et la nouvelle valorisation, il a indiqué qu’une introduction en bourse n’est pas actuellement une priorité, qualifiant une IPO d’irréaliste dans le contexte actuel du marché.

L’historique de financement de HiBob illustre la rapidité avec laquelle l’entreprise s’est développée.

L’entreprise a levé $70 million lors d’un financement de série B en 2020, suivi d’une série C de $150 million en 2021 qui l’a évaluée à environ $1.65 billion.

Une $150 million de série D a suivi en août 2022 avec une valorisation de $2.45 billion. Un autre investissement de $150 million en 2023, mené par Farallon avec la participation d’Alpha Wave Global et des investisseurs existants, a porté la valorisation annoncée à environ $2.66 billion.

Le dernier investissement de $166 million porte ce chiffre au‑delà de $3.2 billion.

Des sources familières avec le financement ont également indiqué que HiBob prévoit d’utiliser ce nouveau capital en partie pour des acquisitions et l’expansion supplémentaire de la plateforme, ce qui suggère que l’entreprise pourrait continuer à s’étendre au‑delà de ses racines RH traditionnelles.

L’IA pourrait redéfinir la gestion de la main‑d’œuvre

L’implication plus large de la stratégie IA de HiBob est que les logiciels RH pourraient éventuellement gérer plus que des employés humains. À mesure que les agents d’IA assument la recherche, le support, le codage, l’analyse et le travail administratif, les entreprises devront suivre comment les tâches sont réparties entre les personnes et les logiciels, quels sont leurs coûts respectifs et où se situe la responsabilité.

Cela pourrait transformer les plateformes de main‑d’œuvre en couches de contrôle pour des équipes hybrides composées d’humains et d’agents IA, combinant les données sur les rôles, les compétences, la rémunération, les autorisations et la performance. Cela pourrait également engendrer de nouveaux risques liés à la surveillance des employés, aux jugements de performance automatisés et à l’accès à des données sensibles sur la main‑d’œuvre.

Si cette tendance se poursuit, les systèmes RH pourraient évoluer d’outils de gestion des effectifs à des plateformes de gestion de l’ensemble du pool de main‑d’œuvre humaine et machine d’une organisation.

Antoine est un leader visionnaire et associé fondateur d'Unite.AI, animé par une passion inébranlable pour façonner et promouvoir l'avenir de l'IA et de la robotique. Un entrepreneur en série, il croit que l'IA sera aussi perturbatrice pour la société que l'électricité, et se fait souvent prendre en train de vanter le potentiel des technologies perturbatrices et de l'AGI.

En tant que futuriste, il se consacre à explorer comment ces innovations vont façonner notre monde. En outre, il est le fondateur de Securities.io, une plateforme axée sur l'investissement dans les technologies de pointe qui redéfinissent l'avenir et remodelent des secteurs entiers.