Opinion
Le Canada doit devenir le nouveau leader en IA : La route vers 2029

Le Canada a une revendication remarquable dans le domaine de l’intelligence artificielle. Alors que les États-Unis et la Chine dominent la scène mondiale avec des flux de capital-risque massifs et des géants de la technologie en plein essor, les Canadiens peuvent se référer à de nombreux esprits pionniers de l’IA – de Geoffrey Hinton, souvent surnommé le « père du deep learning », à Ilya Sutskever, co-fondateur d’OpenAI, et Joelle Pineau, ancienne directrice de la recherche chez Meta AI jusqu’à son départ annoncé – tous issus de laboratoires et d’universités canadiens. Cependant, être le berceau de grandes recherches ne garantit pas le leadership futur. Avec une élection fédérale prévue pour le 28 avril 2025, le Canada a une occasion immédiate de tracer sa politique en matière d’IA. Au-delà de cela, une échéance plus large se profile en 2029, l’année où certains experts prédisent que nous pourrions voir l’IA atteindre – ou approcher de près – l’intelligence humaine.
En d’autres termes, l’intelligence artificielle générale (AGI) – une forme d’IA capable de comprendre, d’apprendre et de réaliser toute tâche intellectuelle que peut accomplir un humain – pourrait émerger. Cela diffère nettement de l’IA étroite d’aujourd’hui, conçue pour effectuer des tâches spécifiques (comme la traduction de langues ou la reconnaissance d’images) mais qui manque de raisonnement et d’adaptabilité plus larges de la cognition humaine.
Si le Canada peut atteindre l’AGI en premier, cela lui permettrait de dépasser toutes les autres technologies pour devenir le leader en innovation, en productivité économique et en influence mondiale – en réorganisant des industries allant des soins de santé et de l’éducation à la défense, à la finance et à la découverte scientifique presque du jour au lendemain.
Aucun autre objectif ne serait aussi important à atteindre, l’abondance et la prospérité instantes pourraient être partagées entre tous les Canadiens, et avec des alliés importants tels que l’Union européenne et le Royaume-Uni.
Un héritage écrit en code
Les racines du Canada en IA remontent aux années 1980, lorsque Geoffrey Hinton est arrivé à l’Université de Toronto, soutenu par des subventions gouvernementales précoces qui ont permis des travaux non conventionnels sur les réseaux de neurones. Au même moment, Yoshua Bengio a jeté les bases de l’apprentissage profond à l’Université de Montréal, finissant par co-fonder Mila – maintenant l’un des plus grands instituts universitaires d’IA au monde. En Alberta, Richard Sutton a défendu l’apprentissage par renforcement à l’Université de l’Alberta, donnant naissance à l’Alberta Machine Intelligence Institute (Amii), et a ensuite attiré DeepMind (la division IA de Google (GOOGL )) pour établir son premier bureau de recherche international à Edmonton.
Ces efforts apparemment isolés se sont conjugués des décennies plus tard pour lancer la révolution de l’apprentissage profond. En 2012, le laboratoire de Hinton a surpris la communauté IA en utilisant des réseaux de neurones pour écraser les benchmarks de reconnaissance d’images. L’un de ses étudiants, Ilya Sutskever, allait plus tard co-fonder OpenAI, qui a présenté ChatGPT au monde en 2022. Pendant ce temps, les travaux de Bengio à Montréal ont inspiré des générations de chercheurs, et les avancées de Sutton en apprentissage par renforcement ont influencé tout, des jeux d’IA (comme AlphaGo) à la robotique avancée.
Les pionniers de l’IA du Canada ont mis le pays sur la carte. Mais la question maintenant est de savoir si le Canada peut exploiter cet héritage pour devenir une puissance à long terme – ou s’il risque d’être éclipsé par la vague incessante d’investissements en IA aux États-Unis et en Chine. Cette question devient plus urgente à mesure que les leaders de pensée, y compris le futuriste Ray Kurzweil, prédisent que d’ici 2029, nous pourrions atteindre un point de bascule dans les capacités de l’IA – potentiellement annonçant l’ère de l’intelligence artificielle générale.
Quatre hubs d’IA qui alimentent l’innovation
Toronto
Toronto est devenu un centre nerveux mondial de l’innovation en IA, ancré dans l’héritage de recherche de l’Université de Toronto et de l’Institut Vector pour l’intelligence artificielle. Historiquement, les travaux de Geoffrey Hinton ont formé le socle de la scène IA de Toronto. Depuis, la ville a cultivé un écosystème de démarrage immense qui capitalise sur le talent académique local et les solides liens avec l’industrie.
Au cours de la dernière décennie, de grands acteurs technologiques – y compris Google Brain, Uber ATG (pour les voitures autonomes) et NVIDIA (NVDA ) – ont établi des laboratoires ou des bureaux ici, chacun désireux de puiser dans la mine de chercheurs en IA de Toronto. Cette synergie entre l’académie et l’industrie est la clé du momentum de Toronto : les nouvelles idées sautent rapidement des laboratoires universitaires dans les startups ou la R&D d’entreprise, créant un cycle vertueux qui renforce constamment la position de la ville en matière d’IA. Avec une population diverse et des liens internationaux, Toronto offre également un environnement culturellement riche pour que l’innovation en IA prospère.
Montréal
Montréal se dresse comme une forteresse mondiale de l’apprentissage profond, avec l’Université de Montréal, l’Université McGill et Mila (co-fondée par Yoshua Bengio) conduisant une masse critique d’expertise en IA. Le contexte bilingue et multiculturel de la ville encourage la pollinisation intellectuelle, alimentant des percées non seulement dans le noyau de l’IA mais également dans des domaines connexes comme le traitement du langage naturel et la vision par ordinateur.
Au-delà de l’académie, Montréal a attiré des laboratoires de recherche d’entreprise de Google, Meta, Microsoft (MSFT ), IBM et Samsung, chacun intenté à travailler aux côtés de la communauté d’IA exceptionnelle de la ville. Pendant ce temps, les startups locales – allant des spin-offs de démarrage à des entreprises en croissance – bénéficient de l’éthos collaboratif et de l’afflux constant de subventions de recherche et de talents. Cet environnement axé sur la recherche positionne Montréal comme le leader de pensée du Canada en matière d’IA éthique et socialement consciente, comme en témoigne l’accueil de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle.
Edmonton
Les forces d’Edmonton en IA proviennent d’une lignée universitaire profonde à l’Université de l’Alberta, en particulier dans l’apprentissage par renforcement (RL). Des visionnaires comme Richard Sutton ont fait d’Edmonton un pôle pour la recherche en RL, conduisant à une reconnaissance mondiale significative lorsque DeepMind a choisi d’y établir son premier bureau international. Même si Edmonton est plus petit que Toronto ou Montréal, il excelle dans la recherche fondamentale en IA, avec Amii traduisant cette recherche en applications pratiques.
Bien que parfois éclipsé par les scènes technologiques plus spectaculaires des grandes villes, l’importance d’Edmonton réside dans son focus laser sur les algorithmes RL avancés qui sous-tendent de nombreux systèmes de pointe – la robotique, la prise de décision autonome et la simulation avancée. La collaboration entre les institutions publiques et les partenaires privés favorise une communauté étroitement tissée qui frappe au-dessus de son poids.
Waterloo
La région de Waterloo est réputée pour son ingénierie et ses compétences en informatique, alimentées par les programmes de coopération mondialement renommés de l’Université de Waterloo. La région a lancé des succès technologiques comme BlackBerry (BB ) et a donné naissance à des entreprises d’IA formidables axées sur la robotique et les systèmes autonomes (par exemple, Clearpath Robotics). Sa proximité avec Toronto crée le corridor technologique Toronto-Waterloo, l’un des plus grands clusters d’innovation en Amérique du Nord.
Ce corridor, vivant de startups et d’incubateurs comme Communitech et Velocity, offre un environnement fertile pour les entrepreneurs qui construisent des produits alimentés par l’IA. Waterloo est également connu pour son pipeline solide allant de l’ingénierie à la commercialisation : les étudiants et les diplômés fondent souvent ou rejoignent des startups à un rythme rapide, leur permettant de transformer la recherche théorique en IA en produits tangibles. Que ce soit des spin-offs en informatique quantique ou des logiciels d’entreprise basés sur l’IA, la fusion de Waterloo entre une formation académique rigoureuse et une culture entrepreneuriale cimente son rôle de principal incubateur pour la prochaine génération de disrupteurs canadiens en IA.
Une histoire de 4 villes
Pris ensemble, ces quatre hubs reflètent les forces diverses du Canada : des universités de classe mondiale, des communautés technologiques collaboratives et un engagement de longue date à repousser les limites de la recherche en IA. Pourtant, malgré ces fondations impressionnantes, la place du Canada au sommet de l’IA n’est pas garantie – en particulier à mesure que 2029 se rapproche et que la possibilité de l’AGI devient plus réelle.
La menace de tomber à la traîne : les disparités en capital-risque et la fuite des cerveaux
La réputation académique enviable du Canada et ses premières percées risquent d’être éclipsées par les investissements massifs en IA aux États-Unis et en Chine. Alors que le Canada a certains programmes de financement notables (comme la Stratégie pancanadienne en matière d’IA), le capital-risque reste un goulet d’étranglement critique, forçant de nombreuses startups en IA à chercher ailleurs pour financer.
Pourquoi cela compte
Un capital-risque local insuffisant signifie des ennuis pour les startups qui ont besoin d’un capital à grande échelle – souvent de plusieurs centaines de millions de dollars, et dans de nombreux cas pour former de grands modèles de langage (LLM) à hauteur de milliards – pour apporter des solutions d’IA avancées sur le marché. Sans des rounds de financement adéquats, les entreprises canadiennes luttent pour concurrencer leurs pairs bien financés aux États-Unis et en Chine, ce qui rend difficile la rétention du meilleur talent ou l’expansion à l’échelle mondiale.
Un aperçu du financement mondial des startups en IA
En 2024, le financement par capital-risque des startups en IA a atteint des niveaux records. Cela exclut d’autres formes de financement comme le capital-investissement ou les fusions et acquisitions, en se concentrant uniquement sur les investissements en capital-risque dans des entreprises axées sur l’IA. Selon les dernières données, les États-Unis ont capturé la majorité écrasante du financement en IA, le Canada prenant 2,1 % des investissements en capital-risque.
Investissement en capital-risque en IA par pays en 2024 (en milliards de USD)
| Rang | Pays | Investissement en IA (USD) | % du total mondial (environ) |
|---|---|---|---|
| 1 | États-Unis | 80,8 milliards $ | ~74% |
| 2 | Chine | 7,6 milliards $ | ~7% |
| 3 | Royaume-Uni | 4,3 milliards $ | ~4% |
| 4 | France | 2,7 milliards $ | ~2,5% |
| 5 | Canada | 2,3 milliards $ | ~2,1% |
| 6 | Allemagne | 2,1 milliards $ | ~2% |
| 7 | Émirats arabes unis | 1,7 milliard $ | ~1,5% |
| – | Reste du monde | ~7,5 milliards $ | ~6,9% |
| – | Total | ~109 milliards $ | 100% |
*Données tirées de Dealroom.
Conséquences du sous-financement de l’IA au Canada
Les pièges potentiels sont déjà visibles. Les startups et la propriété intellectuelle en IA canadiennes finissent trop souvent entre les mains étrangères dès qu’elles montrent un potentiel commercial. Un exemple parfait était Element AI de Montréal, vendu au géant logiciel américain ServiceNow (NOW ) ; Waterloo’s Maluuba a été acquis par Microsoft ; et DarwinAI a été discrètement acquis par Apple. Dans certains cas, des équipes entières déménagent à la Silicon Valley ou se réincorporent aux États-Unis pour sécuriser un financement auprès d’investisseurs américains.
Ce n’est pas seulement une question de manquer quelques histoires de succès. Lorsque des entreprises prometteuses partent, elles emmènent avec elles la propriété intellectuelle, les emplois de R&D et les avantages de spin-off futurs. La voix du Canada dans l’élaboration des politiques en matière d’IA, des normes aux cadres éthiques, s’affaiblit lorsque nous n’avons pas d’industrie nationale solide pour ancrer nos positions. Si les tendances actuelles se poursuivent, le Canada risque de devenir un consommateur passif des innovations en IA de quelqu’un d’autre, plutôt que de devenir un façonneur mondial de la technologie que nous avons aidé à initier.
Une proposition audacieuse : Le Canada en tant qu’investisseur et adoptant précoce en IA
Pour retrouver et maintenir le leadership mondial en IA avant le point de bascule de 2029 que des experts comme Ray Kurzweil ont prévu – et que des PDG comme Sam Altman (OpenAI) et Demis Hassabis (DeepMind) suggèrent, ce qui pourrait annoncer l’AGI précoce – le Canada doit agir sur deux fronts : alimenter les entreprises nationales en IA avec des investissements à grande échelle et déployer des « co-pilotes » en IA dans les services publics. Cela garantit non seulement que les solutions canadiennes prospèrent, mais offre également aux citoyens des avantages tangibles de la technologie de pointe.
Le Canada en tant que puissance en capital-risque
Un Fonds national pour l’IA – cofinancé par le gouvernement et les VC privés – pourrait propulser les startups locales à l’échelle sans les faire déménager à l’étranger. Des partenariats stratégiques avec les fonds de pension canadiens injecteraient un capital significatif dans l’écosystème, tout en offrant des rendements stables. Des incitations fiscales ou des subventions pour les entreprises qui maintiennent la R&D et le siège social au Canada ancreraient la propriété intellectuelle sur le plan national, renforçant toute la chaîne de valeur de l’IA.
Retenir les meilleurs talents est tout aussi vital. Offrir des subventions de recherche généreuses, des bourses pour entrepreneurs et des collaborations intersectorielles aiderait à maintenir les chercheurs et les inventeurs en IA dans leur carrière au Canada, plutôt que de chercher des opportunités plus lucratives ou mieux financées à l’étranger. En développant la capacité d’investissement local, le Canada s’assure que les prochaines percées restent sous la gouvernance canadienne – particulièrement critique si des systèmes d’AGI commencent à apparaître d’ici 2029.
L’IA en tant que co-pilote pour les services gouvernementaux
Au-delà du financement, le Canada peut devenir un adoptant précoce de solutions en IA pour le bénéfice public – en particulier dans les soins de santé et l’éducation.
Santé
Imaginez une plateforme nationale où chaque Canadien peut accéder à un « co-pilote médical » alimenté par l’IA. Ce système, intégré aux données de santé personnelles (stockées de manière sécurisée et entièrement contrôlées par l’utilisateur), pourrait aider à interpréter les résultats de laboratoire, recommander des mesures préventives et suggérer des tests de suivi. Avec des réglementations solides en matière de confidentialité des données et des mécanismes de consentement transparents, les Canadiens décideraient avec précision qui peut accéder à leurs dossiers et dans quel but. En combinant l’expertise clinique avec les connaissances alimentées par l’IA, le Canada pourrait améliorer considérablement les résultats pour les patients, réduire les temps d’attente et conduire le monde dans la technologie des soins de santé éthique et centrée sur le patient.
Maintenant, imaginez cela alimenté par l’AGI. Contrairement aux IA médicales étroites d’aujourd’hui, formées pour des diagnostics spécifiques, un système renforcé par l’AGI pourrait intégrer des données complexes sur la génétique, le mode de vie, l’environnement et les dossiers de santé longitudinaux pour offrir des soins holistiques et en temps réel. Il pourrait agir comme un médecin, un chercheur et un aidant 24 heures sur 24 – en détectant les premiers signes de maladie, en personnalisant les plans de traitement et en aidant même les médecins pendant la chirurgie ou le diagnostic avec une précision de classe mondiale.
Pour un pays comme le Canada, qui offre déjà des soins de santé universels, l’AGI pourrait agir comme l’ultime égalisateur – en offrant des soins de classe mondiale non seulement aux riches ou aux populations urbaines, mais à chaque citoyen, quelle que soit la géographie ou le revenu. Les communautés rurales et éloignées pourraient recevoir des évaluations instantanées de niveau spécialiste. Les barrières linguistiques pourraient disparaître avec la traduction en temps réel et le contexte culturel. Les hôpitaux surchargés pourraient prioriser les patients de manière dynamique, en réduisant les goulets d’étranglement de triage et en prévenant l’épuisement du personnel.
En bref, si le Canada est le premier à intégrer l’AGI dans un système de soins de santé public, cela n’améliorerait pas seulement les soins – cela définirait la norme mondiale pour ce que les soins de santé compassionnels, intelligents et accessibles ressemblent au 21e siècle.
Éducation
Dans le domaine de l’éducation, un assistant de tutorat en IA pourrait offrir des leçons personnalisées, des retours et des exercices adaptés au style d’apprentissage de chaque élève. Les enseignants restent cruciaux mais gagnent un allié puissant pour gérer les grandes classes, identifier les élèves à risque et même personnaliser les curriculums en fonction des données de performance individuelles. Les communautés rurales et éloignées, souvent mal desservies par les ressources physiques, pourraient bénéficier énormément de tels tuteurs numériques – en nivelant le terrain pour tous les apprenants canadiens.
Mais avec l’avènement de l’AGI, les possibilités s’élargissent considérablement. Imaginez une salle de classe où chaque enfant, quelle que soit sa capacité ou son origine, a accès à un tuteur en IA infatigable, empathique et adaptable à l’infini – un système qui comprend comment ils apprennent le mieux, reconnaît lorsqu’ils ont des difficultés avant qu’ils ne le fassent, et ajuste son enseignement en temps réel. Pour les élèves qui ont besoin de plus de temps ou de soutien, l’AGI pourrait offrir une patience infinie et un renforcement personnalisé sans stigmate. Et pour les apprenants avancés, il pourrait débloquer un chemin d’accélération, les défiant avec des concepts plus profonds, des projets interdisciplinaires et des simulations du monde réel – tout cela sans les faire attendre le reste de la classe.
Plus personne ne serait laissé pour compte ou retenu. Chaque enfant pourrait progresser à son propre rythme optimal, le système se reconfigurant dynamiquement en fonction du progrès en temps réel. L’ennui et la frustration – deux des plus grands contributeurs au désengagement – pourraient être virtuellement éliminés.
Les enseignants, loin d’être remplacés, seraient élevés. Libérés des tâches chronophages de notation, d’enseignement répétitif et de préparation d’examen standardisé, ils pourraient se concentrer sur ce qui compte le plus : le mentorat, l’inspiration et le lien humain. L’AGI agirait comme leur co-pilote, mettant en évidence des informations sur le bien-être émotionnel de chaque élève, leur trajectoire d’apprentissage et leurs talents uniques.
De l’éducation de la petite enfance à l’université et au-delà, le Canada pourrait devenir le premier pays où aucun enfant ne passe à travers les mailles du filet, et où chaque apprenant, quelle que soit sa situation, est habilité à atteindre son plein potentiel. L’éducation ne serait plus limitée par la géographie, le budget ou la taille de la classe – elle deviendrait un voyage d’apprentissage personnalisé et à vie, alimenté par la compassion humaine et l’intelligence artificielle travaillant en parfaite harmonie.
Services publics
Des services d’immigration à la déclaration de taxes, l’IA peut rationaliser les processus gouvernementaux, les rendant transparents, efficaces et conviviaux. En adoptant l’IA de manière responsable – en donnant la priorité à la confidentialité des données, à l’équité et à l’accessibilité – le Canada peut montrer au monde comment opérationnaliser l’IA responsable dans une société démocratique.
Maintenant, imaginez ces services publics alimentés par l’AGI. Chaque citoyen pourrait avoir accès à un agent de service public numérique personnel – un guide multilingue toujours disponible capable de les aider à naviguer tout, des demandes de soins de santé aux soutiens au logement, aux avantages de pension, aux permis pour petites entreprises et à l’aide juridique. Les formulaires qui prenaient autrefois des heures à remplir et des semaines à traiter pourraient être complétés en quelques minutes, avec vérification en temps réel, conseils contextuels et zéro paperasse bureaucratique.
Les systèmes d’immigration pourraient devenir considérablement plus humains et efficaces. L’AGI pourrait aider les demandeurs à suivre leur progression, à comprendre les prochaines étapes et à recevoir un soutien dans leur langue maternelle – tout cela sans la confusion ou l’anxiété liée à l’interaction avec des systèmes opaques. Les agents et les travailleurs sociaux seraient soutenus par des outils intelligents qui mettent en évidence les cas complexes, détectent les anomalies de manière équitable et s’assurent que les décisions sont fondées sur des précédents et des politiques – en minimisant les préjugés et en améliorant les résultats.
Dans des domaines comme la déclaration de taxes, l’AGI pourrait identifier de manière proactive les crédits et les avantages dont un citoyen est éligible, en réduisant les erreurs et en augmentant l’adoption de programmes conçus pour aider les Canadiens à faible revenu. Plutôt que de s’appuyer sur des portails complexes et des notifications remplies de jargon, les utilisateurs pourraient simplement poser des questions en langage clair et obtenir des réponses précises et personnalisées. La conformité s’améliorerait, la fraude diminuerait et la relation entre les citoyens et le gouvernement pourrait basculer de la frustration à la confiance.
Pour les municipalités, l’AGI pourrait aider à optimiser la prestation de services – que ce soit le flux de trafic, la réponse aux urgences, la gestion des déchets ou la planification urbaine. Les informations en temps réel provenant des infrastructures intelligentes pourraient être utilisées pour répondre plus rapidement aux besoins de la communauté, déployer les ressources de manière plus efficace et même prédire les demandes futures avant qu’elles ne deviennent des crises.
De manière critique, l’engagement du Canada en faveur de la transparence, de la responsabilité démocratique et de l’accès universel le positionne de manière unique pour mettre en œuvre cette technologie de manière responsable. Là où d’autres nations pourraient pencher vers la surveillance ou la gouvernance privatisée, le Canada peut prouver que l’IA n’a pas à se faire au détriment des libertés civiles. Avec une approche axée sur les valeurs, le pays pourrait devenir le modèle mondial pour la démocratie alimentée par l’IA – où les services publics ne sont pas seulement plus efficaces mais plus équitables, inclusifs et axés sur le citoyen que jamais auparavant.
Conclusion : La route vers 2029 et au-delà
Le choix du Canada est clair : agir avec urgence et vision en matière d’IA, ou regarder ses premiers avantages s’éloigner. Être un leader mondial en IA n’est pas une question de vanité ; cela déterminera notre compétitivité économique, notre capacité à innover et notre position morale dans la façon dont l’IA façonne la société – en particulier si nous nous approchons des possibilités transformatrices de l’AGI autour de 2029.
Bien que l’élection fédérale de 2025 soit un jalon immédiat pour la politique en matière d’IA, l’horizon plus lointain de 2029 est là où les enjeux vraiment profonds se trouvent, selon des technologistes visionnaires comme Ray Kurzweil et des PDG comme Sam Altman. Ils avertissent que si l’AGI émerge dans la décennie, les décisions prises maintenant détermineront qui pilote cette technologie et comment elle sera intégrée dans la vie quotidienne.
Les électeurs méritent de savoir comment chaque parti politique prévoit de soutenir et de réguler l’IA. Allons-nous investir dans des startups nationales ou les laisser acquérir par des géants étrangers ? Allons-nous adopter des co-pilotes en IA dans les services publics avec des garanties de confidentialité solides, ou laisser les autres commercialiser ces percées en premier ? Allons-nous défendre une vision éthique pour l’IA dans le monde, ou laisser les intérêts privés dicter les règles ?
Nous sommes à un moment charnière où le Canada peut reprendre son statut de pionnier en IA. En injectant du capital-risque dans l’innovation nationale, en déployant l’IA de manière responsable dans les soins de santé et l’éducation, et en veillant à ce que les citoyens conservent le contrôle sur leurs données personnelles, le Canada peut façonner le récit mondial de l’IA plutôt que de le consommer passivement.
Si le Canada manque ce moment, nous risquons de devenir une note de bas de page dans l’histoire que nous avons commencée. Si nous réussissons, nous prouverons qu’un pays de taille moyenne avec de grandes idées peut guider le plus grand changement technologique du siècle – même si l’AGI arrive en 2029. Faisons de la politique en matière d’IA une question déterminante dans les prochaines élections et au-delà – et, en le faisant, assurons que la technologie que le Canada a aidé à inventer reste une force pour le bien pour les générations à venir.
Pour rendre cela réalité, les partis politiques doivent adopter des stratégies en matière d’IA claires – en allouant des milliards non seulement à la recherche, mais plus importantly, en investissant dans et en prenant des parts dans des startups en IA ayant leur siège social au Canada.
Je exhorte les Canadiens à faire de l’IA une question déterminante dans cette élection – car si nous menons avec vision et courage, nous pouvons construire un avenir où la prospérité, la santé et l’éducation sont élevées pour tous. Le Canada a la chance de ne pas seulement se transformer lui-même, mais d’inspirer le monde – en partageant nos valeurs et notre technologie avec des alliés comme l’Australie, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni. Avec l’AGI à l’horizon, les choix que nous faisons aujourd’hui détermineront si le Canada contribue à façonner l’avenir – ou le regarde se dérouler du côté des spectateurs












