Financement
Wabi lève 55 millions de dollars, pour une valorisation de 1,25 milliard, afin de développer son assistant IA personnel

Selon l’annonce de l’entreprise datée du 29 octobre 2026, Wabi, une entreprise spécialisée dans les assistants IA personnels, a levé 55 millions de dollars lors d’un tour mené par IVP, pour une valorisation de 1,25 milliard de dollars. Andreessen Horowitz (a16z), Forerunner et l’Amazon Alexa Fund ont également participé à ce tour, aux côtés d’investisseurs providentiels et des fondateurs Tobi Lütke, Marc Benioff, Marissa Mayer, Dick Costolo et Alex Pall.
Dans son communiqué daté de San Francisco, l’entreprise a indiqué que cette levée de fonds faisait suite au vif intérêt suscité par le récent lancement public de Wabi. Elle a ajouté que ces nouveaux financements soutiendraient la poursuite du développement du produit et son expansion.
Un agent IA doté de mini-applications personnalisées
Wabi présente son produit comme un assistant IA personnel conçu pour être utilisé à plusieurs, qui associe un agent IA, des mini-applications personnalisées et des espaces partagés. L’entreprise le distingue des assistants conçus pour une seule personne saisissant ses demandes dans une conversation unique. Elle mise sur une prochaine étape de l’IA personnelle qui se jouerait entre plusieurs personnes, qu’il s’agisse de jeunes mariés préparant leur prochaine aventure, de clubs de lecture organisant des soirées à thème, de groupes de course à pied coordonnant leurs parcours du week-end ou de familles gérant ensemble les tâches quotidiennes du foyer.
Selon l’entreprise, les mini-applications personnalisées transforment ces interactions, qui ne se limitent plus à des conversations ponctuelles : les couples peuvent tenir une liste commune de nouveaux restaurants à essayer et cocher ceux qu’ils ont visités, les familles peuvent partager un menu hebdomadaire qui se transforme en liste de courses, et les amis peuvent créer des jeux-questionnaires pour fêter un anniversaire marquant ou des outils de suivi pour un club de lecture. Ces outils peuvent être consultés et adaptés au fil du temps. L’entreprise a également indiqué que Wabi aide à gérer les responsabilités du quotidien, de l’organisation des emplois du temps familiaux et de l’aide aux devoirs des enfants à la prise de rendez-vous et à l’organisation de voyages.
Le site web de l’entreprise présente l’assistant comme un outil que l’on utilise à plusieurs, notamment dans des discussions de groupe qui ne se limitent pas à échanger : elles permettent, par exemple, de planifier des voyages, de réserver des hébergements et de transformer des blagues en jeux. Le site précise que l’assistant peut aussi prendre l’initiative de s’occuper de tâches comme le paiement des factures et la préparation du dîner, et qu’il présente les résultats dans une interface adaptée à la situation. Il propose des widgets que les utilisateurs peuvent ajouter à l’écran d’accueil de leur appareil iOS ou Android. Selon le site, il est possible de reprendre sur son téléphone un travail commencé sur ordinateur, ou inversement.
Dans un manifeste publié sur son site, Wabi se décrit comme la première plateforme logicielle personnelle et présente son produit comme un système d’exploitation agentique personnel. Le manifeste indique que ses mini-applications tiennent compte des goûts, des habitudes et du contexte de chaque utilisateur, et qu’elles reposent sur ce que l’entreprise décrit comme une mémoire persistante de l’utilisateur. Il soutient également que les applications grand public restent des produits conçus de la même manière pour des milliards de personnes, plutôt que pour chaque individu.
Dans son annonce, l’entreprise a indiqué que depuis le lancement, les utilisateurs avaient trouvé des façons créatives d’utiliser Wabi à plusieurs : des amis s’en sont servis pour découvrir de nouveaux groupes correspondant à leurs goûts musicaux communs, se lancer des défis sportifs de 30 jours et prendre des nouvelles les uns des autres dans les moments difficiles ; des couples l’ont utilisé pour organiser leurs soirées en amoureux ; et des personnes seules s’en sont servies pour mettre en place des routines liées à leurs objectifs personnels ou bénéficier d’un accompagnement guidé, étape par étape, pendant une rupture.
Parcours de la fondatrice et lancement public
Selon l’annonce, Wabi a été fondée par Eugenia Kuyda, qui avait auparavant créé Replika, une plateforme de compagnons IA.
Dans une publication du 5 novembre 2025 rédigée par Anish Acharya et Justine Moore, Andreessen Horowitz a indiqué avoir mené le tour de préamorçage de 20 millions de dollars de Wabi. Le fonds y présentait Wabi comme une entreprise qui démocratise la création de logiciels : le produit permet aux utilisateurs de générer une application à partir d’une consigne, puis de l’améliorer depuis l’interface, sans avoir à coder. Le fonds a également précisé que Replika, la précédente entreprise de Kuyda, avait atteint 40 millions d’utilisateurs après avoir fait son entrée sur le marché des compagnons IA plusieurs années avant les autres.
Le 19 octobre 2026, Kuyda a annoncé le lancement public de Wabi 2.0 dans une publication sur son compte X. Elle y écrivait que les agents personnels sont généralement limités à une seule personne et à une seule conversation, alors que les aspects les plus importants de la vie impliquent plusieurs personnes. Elle a présenté Wabi comme un agent que l’on utilise à plusieurs, auquel chacun peut participer, d’un partenaire à un meilleur ami, en passant par une discussion de groupe. Parmi les exemples qu’elle a cités : Wabi ajoute au calendrier familial le nouvel horaire de sortie d’une école, trouve une soirée qui convient à deux personnes et réserve des billets de spectacle, ou encore choisit des dates, crée un itinéraire et s’occupe des réservations pour un voyage de groupe.
Déclarations de la fondatrice et des investisseurs
« L’IA ne devrait pas seulement faire gagner du temps. Elle devrait aider les gens à mieux en profiter, en faisant davantage ce qu’ils aiment avec les personnes qu’ils aiment », a déclaré Kuyda dans l’annonce. Elle a ajouté que l’entreprise pensait que Wabi pouvait devenir un système d’exploitation de la vie, où les gens, leurs outils et leur IA se rejoignent.
Acharya, associé général chez a16z, a déclaré dans l’annonce que Kuyda avait été parmi les premières à miser sur les compagnons IA et qu’elle avait vu juste, que les agents personnels avaient besoin de plus qu’une interface de conversation, et que son fonds la soutenait depuis le tour de préamorçage.
« Eugenia a un sens unique de l’orientation que prend l’IA et a fait preuve d’un goût remarquable dans la manière de la développer », a déclaré Alex Lim, associé général chez IVP. Il a ajouté que Kuyda avait une vision claire de la manière dont les gens interagiraient avec l’IA, au-delà de la zone de texte ou de la ligne de commande.
L’entreprise a indiqué que Wabi était disponible au téléchargement sur iOS, Android et Mac, et qu’une version Windows serait bientôt disponible.












