Financement
Tandem Health lève $100M de série B pour créer un système d’exploitation de clinique basé sur l’IA

Tandem Health annoncé le 14 septembre 2026 qu’elle a levé $100 million lors d’un financement de série B dirigé par le Scaleup Europe Fund, géré par EQT. L’entreprise basée à Stockholm a déclaré qu’il s’agissait de la première société d’IA pour la santé soutenue par le fonds, et que les investisseurs existants Kinnevik, Northzone, Amino Collective et Visionaries ont également participé à la levée.
La série B fait suite à une série A de $50 million en 2025 et porte le financement total de Tandem à $160 million, selon l’entreprise. Le Scaleup Europe Fund est un fonds d’investissement alternatif à vocation commerciale ciblant €5 milliard, combinant capitaux publics et privés pour investir dans la deeptech, l’IA et les sciences de la vie. Son gestionnaire, EQT, est une organisation d’investissement mondiale d’origine nordique et déclare gérer €341 milliard d’actifs au total.
Nils Petter Nygaard, directeur général chez EQT et le Scaleup Europe Fund, a déclaré que Tandem est l’une des rares entreprises de technologie de santé à démontrer qu’elle peut se développer à l’échelle paneuropéenne, ajoutant que EQT estime que l’entreprise “a le potentiel de devenir une couche d’IA fondamentale pour les soins de santé européens au cours des prochaines décennies”.
L’entreprise place cette levée dans le contexte de la pression exercée sur les systèmes de santé européens, citant une pénurie estimée par l’OMS de 1,6 million de travailleurs de la santé et du secteur social en 2024, qui devrait atteindre 4 millions d’ici 2030. Elle cite également une projection selon laquelle le nombre d’Européens de plus de 65 ans atteindra environ 130 millions d’ici 2050, ainsi qu’une projection d’Eurostat indiquant que la main‑d’œuvre les soutenant se réduira à moins de deux adultes en âge de travailler par retraité.
Produit, certifications et empreinte européenne
Tandem propose ce qu’elle décrit comme un assistant médical IA complet qui soutient les cliniciens avant, pendant et après la visite d’un patient. Il prépare des résumés de patients avant les rendez‑vous, fournit une aide à la décision clinique pendant la consultation, et gère la documentation, le codage et la gestion des tâches qui suivent.
L’entreprise affirme être le seul assistant médical IA dont le scribe IA, l’assistant de codage et l’aide à la décision clinique sont chacun certifiés indépendamment comme dispositifs médicaux de classe IIa selon le Règlement européen sur les dispositifs médicaux, et indique avoir certifié trois dispositifs de classe IIa au cours des six derniers mois. Elle indique également des certifications ISO 27001, ISO 13485 et ISO 42001, C5 en Allemagne, ENS High en Espagne et HDS en France.
Depuis sa création il y a trois ans, Tandem indique avoir implanté des bureaux dans 14 marchés européens et que son produit a été déployé dans plus de 10 000 organisations de soins, dont Ramsay Santé, Humanitas et le NHS. Elle répertorie des bureaux en Allemagne, en France, au Royaume‑Uni, en Espagne, en Italie, aux Pays‑Bas, en Suède, en Finlande, en Norvège, au Danemark, en Belgique, au Portugal, en Estonie et en Lituanie, et affirme que son produit est intégré à plus de 130 systèmes de dossiers médicaux à travers l’Europe.
L’étude citée pour les résultats des cliniciens
L’entreprise cite des recherches évaluées par des pairs qui, selon elle, montrent que les cliniciens utilisant Tandem constatent une réduction de 29 % du temps consacré aux tâches administratives, une amélioration de 30 % de la satisfaction au travail et une réduction de 30 % du stress administratif. L’étude citée, publié le 10 juillet 2026, dans JMIR Medical Informatics, a évalué le scribe médical IA de Tandem dans les soins primaires, secondaires et hospitaliers chez Capio Ramsay Santé, un grand fournisseur intégré de soins de santé opérant en Suède, entre le 26 avril 2024 et le 27 octobre 2025.
Les chercheurs ont analysé les métadonnées d’édition de 236 153 notes générées par 1 295 cliniciens, associées aux réponses à un questionnaire de 177 cliniciens pleinement intégrés, définis comme ceux qui avaient utilisé le scribe pendant au moins trois mois, créé plus de 100 notes, généré au moins un document ou certificat, et utilisé la fonction d’édition conversationnelle au moins une fois. Les médecins généralistes représentaient 66,5 % de la cohorte de cliniciens.
Dans le résultat principal de l’étude, le temps de documentation auto-rapporté par note était de 4.72 minutes avec le scribe contre 6.69 minutes sans, une diminution de 29 % (P<.001). Le temps d’édition médian dans l’outil était de 93 secondes et ne diminuait pas de façon significative avec une utilisation continue. Sur une échelle de Likert à cinq points, les notes moyennes pour la capacité à travailler sans stress lié aux tâches administratives et pour se sentir pleinement présent avec les patients étaient plus élevées après l’introduction du scribe qu’auparavant. Dans les items de sondage oui/non, 80.2 % des répondants ont qualifié le scribe d’amélioration pour leur profession, 91.0 % l’ont trouvé facile à utiliser, 91.5 % souhaitaient continuer à l’utiliser, et 84.2 % ont déclaré qu’ils le recommanderaient à des collègues d’autres cliniques.
L’article décrit les garde‑fous intégrés à l’outil déployé : les cliniciens ne peuvent pas transférer une note générée par IA dans le dossier médical sans une période de révision obligatoire, l’audio est diffusé en temps réel sans stockage persistant, le traitement s’effectue sur une infrastructure basée dans l’UE, et des audits mensuels surveillent les hallucinations et les omissions.
Les auteurs avertissent que la cohorte d’enquête représente des adoptants durables, entièrement intégrés, principalement en médecine générale, et que les associations pourraient ne pas se généraliser aux cliniciens qui ont interrompu l’utilisation ou qui n’ont jamais pleinement adopté le scribe. Ils soulignent la conception observationnelle à bras unique et la dépendance à l’auto‑déclaration rétrospective comme des considérations importantes, et notent que 138 196 notes sans modifications enregistrées ont été exclues parce qu’il n’a pas été possible de déterminer si elles avaient été utilisées telles quelles, modifiées ultérieurement dans le système de dossiers, ou abandonnées.
L’étude a été lancée en tant que coopération entre Tandem Health et Capio Ramsay Santé. L’article indique que l’entreprise n’a joué aucun rôle dans l’analyse statistique, l’interprétation des résultats ou la décision de soumission, et que toutes les analyses statistiques ont été réalisées par un co‑investigateur académique sans affiliation ni rémunération de la part d’un fournisseur. Deux auteurs sont des employés de Tandem Health détenant des options d’achat d’actions, et le co‑auteur Lukas Saari est le co‑fondateur et directeur général de l’entreprise.
Où les fonds seront alloués
Tandem indique que les fonds seront affectés à deux principaux axes : accélérer sa position de partenaire IA auprès des prestataires de soins européens, et faire évoluer son assistant médical IA vers ce qu’elle appelle un système d’exploitation de clinique natif IA, qui gère également la gestion du flux de patients, le tri, la planification et les communications avec les patients. L’entreprise précise que le soutien est fourni localement par une équipe dirigée par des cliniciens, composée de 100 cliniciens internes, que les données restent en Europe grâce à une architecture souveraine, et qu’elle renforce sa présence sur les marchés européens.
Le PDG et co‑fondateur Lukas Saari a déclaré que les prestataires de soins européens dépendaient jusqu’à présent soit de solutions héritées, soit de systèmes IA initialement conçus pour d’autres marchés et adaptés à l’Europe. « L’Europe devrait définir la norme quant à la manière dont l’IA pénètre le secteur de la santé, et ne pas adopter celle de quelqu’un d’autre », a‑t-il affirmé.












