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Éthique

Réexamen des droits des robots : une approche confucéenne

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Alors que nous nous aventurons plus profondément dans le monde de la robotique et de l’intelligence artificielle (IA), le débat autour du statut moral et juridique des robots gagne en momentum. Des investigations philosophiques et juridiques récentes ont abordé la possibilité d’accorder des droits aux robots. Cependant, une nouvelle analyse présentée par un chercheur à l’Université Carnegie Mellon (CMU) appelle à une perspective alternative, empruntant des concepts à la philosophie chinoise ancienne du confucianisme.

Les robots en tant que porteurs de rites : une nouvelle perspective

Tae Wan Kim, professeur associé d’éthique des affaires à CMU, a récemment mené une étude qui a été publiée dans Communications of the ACM par l’Association for Computing Machinery. “Les gens s’inquiètent des risques liés à l’octroi de droits aux robots,” observe Kim, capturant un sentiment prévalent dans la communauté scientifique. Cependant, il propose une alternative unique – considérer les robots comme des porteurs de rites plutôt que des porteurs de droits. Ce changement pourrait fondamentalement modifier la façon dont nous abordons les dimensions éthiques de nos interactions avec les robots, favorisant un sentiment de respect et de coopération mutuels.
https://www.youtube.com/watch?v=_mUitchS_iw

Application des valeurs confucéennes à la robotique

Le confucianisme, en tant que système philosophique, privilégie l’harmonie dans les relations sociales, favorisant les intérêts communaux plutôt que les intérêts individuels. Kim suggère que nous pourrions emprunter ces principes dans notre approche de la robotique, en assignant des rites ou des “obligations de rôle” aux robots plutôt que des droits. Cette perspective peut atténuer la nature adversaire inhérente aux droits, réduisant ainsi les conflits potentiels entre les humains et les robots.
Kim élabore sur ce concept : “Assigner des obligations de rôle aux robots encourage le travail d’équipe, ce qui déclenche une compréhension que la réalisation de ces obligations doit être faite de manière harmonieuse.” Cette approche vise à engendrer une culture de collaboration et de respect entre les humains et les robots, une aspiration appropriée compte tenu de l’objectif fondamental de l’IA pour imiter l’intelligence humaine, y compris notre capacité à reconnaître et à participer à des activités d’équipe.
L’essence de l’IA, selon Kim, est de “imiter l’intelligence humaine, donc pour que les robots se développent en tant que porteurs de rites, ils doivent être alimentés par un type d’IA capable d’imiter la capacité des humains à reconnaître et à exécuter des activités d’équipe.” Cette proposition reframe le récit autour de l’IA, appelant à un type d’apprentissage automatique qui est non seulement techniquement sophistiqué mais également éthiquement considéré.

Le reflet de l’humanité dans les robots

La proposition de traiter les robots avec respect soulève une question importante – pourquoi les machines inanimées mériteraient-elles un traitement respectueux ? Kim soutient que notre interaction avec les robots est un miroir reflétant notre propre humanité. “Dans la mesure où nous faisons des robots à notre image, si nous ne les traitons pas bien, en tant qu’entités capables de participer à des rites, nous nous dégradons nous-mêmes,” avertit Kim, nous rappelant que la dignité que nous accordons aux robots reflète essentiellement notre propre valeur.
L’analyse intrigante de Kim offre une perspective fraîche sur le discours en cours concernant les droits des robots. Sa suggestion d’emprunter des valeurs confucéennes lors de la considération du traitement éthique des robots élargit l’horizon moral et présente une compréhension nuancée de notre relation avec les entités artificielles. Cette approche nous pousse à réexaminer notre relation avec les robots, nous inspirant à nous assurer que nos progrès technologiques sont complétés par des progrès correspondants dans nos cadres éthiques. Tout comme nous étendons des considérations morales et juridiques à des entités non humaines comme les sociétés et les animaux, nous pourrions avoir besoin de développer un système éthique sophistiqué pour régir notre relation avec les robots, un système qui assure une coexistence harmonieuse et un respect mutuel.

Alex McFarland est un journaliste et écrivain en intelligence artificielle qui explore les derniers développements en intelligence artificielle. Il a collaboré avec de nombreuses startups et publications en intelligence artificielle dans le monde entier.